Pesticides, tous concernés Des pommes du Limousin aux perturbateurs endocriniens

Pesticides, tous concernés

Des pommes du Limousin aux perturbateurs endocriniens

Lorsqu’en 2013 quelques médecins se mobilisent au sujet des pesticides c’est, dans notre Région, pour répondre aux inquiétudes formulées par des riverains d’exploitations pomicoles. Mais pas seulement, car ils perçoivent qu’il existe un lien entre les maladies professionnelles mal reconnues chez les travailleurs de l’agriculture, les menaces sur les consommateurs que font peser l’utilisation de pesticides perturbateurs endocriniens, et les inquiétudes des riverains. Et si pour faire de la prévention il fallait chercher, sans attendre que la solution vienne d’un système vérouillé, à encourager les résistances : par les consommateurs, mais aussi par le dialogue avec les producteurs ? Et quels sont les mécanismes qui depuis 50 ans, ont concouru à l’invisibilité des conséquences sanitaires d’un mode de production agricole profondément transformé ? Pour aborder ces questions, le Docteur Pierre-Michel PERINAUD, médecin généraliste à Limoges, initiateur de l’appel des médecins en 2013 et Président de l’Association Alerte des Médecins sur les Pesticides, présentera les données scientifiques établies, et ouvrira le débat sur les possibilités de prévention.

L’association Phyto-victimes

Phyto-Victimes a deux objectifs principaux : rendre justice aux professionnels victimes des pesticides, et lutter contre la sous-évaluation des conséquences sanitaires des pesticides, qui se déclinent en plusieurs demandes et donc plusieurs axes de travail : • Faire progresser et simplifier la prise en charge des malades pour pouvoir procéder aux justes réparations des dommages infligés par l’utilisation de pesticides : – les tableaux de maladies professionnelles doivent être harmonisés entre le régime général et le régime agricole – l’indemnisation doit être la même quel que soit le statut professionnel de la victime – la mise en place d’un fonds d’indemnisation des victimes des pesticides abondé par les fabricants des pesticides est indispensable. • Faire reconnaitre les pathologies liées aux intoxications chroniques et aigües (création de nouveaux tableaux). • Mettre en place un système d’évaluation, d’homologation et d’autorisation indépendant, transparent, appliquant strictement le principe de précaution. • Interdire la mise sur le marché de produits menaçants notre santé, celle de nos proches, et plus globalement de la population. I • Poursuivre des études scientifiques – épidémiologiques et toxicologiques – indépendantes sur les effets des pesticides sur la santé. • Promouvoir des alternatives ne mettant plus en danger notre santé ni celle de nos proches. La mise en place et la promotion de techniques alternatives doit être une priorité. • Soutenir la prévention. Il est indispensable de communiquer auprès de tous les publics afin d’informer les professionnels et non professionnels des risques liés à l’usage des pesticides. https://www.phyto-victimes.fr/

Allassac ONGF

Créée pour donner suite à l’initiative de quelques riverains qui, dès fin 2005, s’interrogent sur les dangers des pesticides agricoles, utilisés en grande quantité à proximité de leurs lieux de vie, ALLASSAC ONGF regroupe des citoyens, en dehors de tout clivage politique, soucieux de leur santé et de celle de leurs familles. ALLASSAC ONGF a su démontrer avec le temps qu’elle n’œuvrait pas au service d’une simple idéologie, philosophie, et encore moins un quelconque pouvoir politique, mais répondait à un besoin concret et une attente réelle d’une grande part de la population limousine concernée par l’exposition aux pesticides chimiques: Après bientôt 10 ans d’existence, ALLASSAC ONGF, faute d’avoir atteint les mesures de protection espérées, a su mettre en place une véritable mobilisation citoyenne et instaurer sur la place publique le débat sur les pesticides et leurs impacts sur la santé. Reconnaissances et soutiens Au-delà d’un soutien médiatique important, se traduisant par de nombreux reportages télévisés, ALLASSAC ONGF a reçu le soutien de l’association des 280 médecins limousins alertant sur les dangers des pesticides, mais également de l’association PHYTO-VICTIMES regroupant les agriculteurs victimes des pesticides. De ce partenariat, est né le slogan de l’association : Agriculteurs, riverains, particuliers, médecins Tous unis face aux dangers des pesticides En 2013, la mission sénatoriale sur les pesticides et la santé met en lumière l’association en établissant l’impact des pesticides sur la santé des populations, notamment des riverains. En 2014, l’Agence régionale de santé commande des analyses d’air réclamées de longue date par l’association ALLASSAC ONGF. Celles-ci révèlent la présence dans l’air, à plus de 500 m d’un verger école, de 32 substances chimiques dont certaines reconnues comme perturbateurs endocriniens. http://www.ongf.org/

Alerte des médecins sur les pesticides

Médecins, nous savons, depuis longtemps, les dangers des pesticides pour la santé, en particulier celle des agriculteurs, des personnels des espaces verts, et celle des riverains des zones d’épandage. Mais nous savons aussi, maintenant, que toute la population est concernée, avec un risque fortement majoré pour les femmes enceintes et les enfants. Depuis trente ans les études épidémiologiques s’accumulent , apportant régulièrement des confirmations de toxicité, annonciatrices d’une possible catastrophe sanitaire . Pour autant, nous ne sommes pas enclins à prendre publiquement et collectivement la parole pour lancer des alertes sanitaires. Ce n’est pas dans notre culture médicale, et c’est tout à fait dommageable. Mais, en ce début 2013, quelques-uns d’entre nous, mieux informés et sensibilisés, ont pressenti que nous devions, ensemble, alerter l’opinion et tenter de convaincre les décideurs qu’il y a urgence. En effet la règlementation européenne concernant les pesticides et les biocides a été modifiée et prévoit notamment l’interdiction des pesticides perturbateurs endocriniens (PE). Il s’agit d’une avancée considérable à condition que la définition du PE, et donc les tests réglementaires retenus pour ce faire, tiennent compte des recommandations de la communauté scientifique, et pas seulement des industriels. Il se confirme qu’un grand nombre de ces produits sont des PE, qui ont une toxicité chronique à des doses très faibles, bien inférieures aux doses journalières admissibles ( DJA) actuelles. Et l’on sait que les industriels ne veulent pas de réglementation plus stricte sur les pesticides. Lancé en mars, cet appel est venu opportunément appuyer la campagne nationale de sensibilisation de la « semaine pour les alternatives aux pesticides ». Il a rapidement trouvé un large écho auprès des médecins limousins, qui sont actuellement plus de 150 à avoir signé solidairement cette déclaration. C’est un premier pas. Jusqu’à présent, l’appel s’est volontairement limité à notre région, les signataires faisant le constat qu’en Limousin, comme partout ailleurs, l’usage des pesticides est largement répandu et qu’il y a, localement aussi, une campagne de sensibilisation à mener. http://www.alerte-medecins-pesticides.fr/

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